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Par : webmestre
Publié : 15 avril

Réouverture annoncée des écoles à partir du 11...

Le 11 mai 2020,
la questions n’est pas quand mais comment !
 « et surtout pas à n’importe quel prix »

  • Toute reprise serait irresponsable et inacceptable sans :
  • Dépistages systématiques et réguliers des personnels et des élèves (et non uniquement des cas symptomatiques) ;
  •  Un plan de suivi sanitaire rapproché des personnels et des élèves, et à court terme la constitution d’une médecine de prévention en mesure d’assurer une partie de ces missions ;
  •  Mise à disposition du matériel de protection nécessaire pour tous les personnels et les élèves (masques, gels hydroalcooliques) et désinfection régulière des locaux ;
  • Octroi de moyens supplémentaires dès la réouverture des classes pour permettre une baisse des effectifs à même de garantir la distanciation sociale dans les salles de classe.

Pour se défendre de la pénurie de masques, nous l’avions bien compris, nos dirigeant-e-s nous ont dit que le port du masque était inutile pour l’ensemble de la population. Quatre semaines plus tard, le président, dans son allocution du 13 avril, annonce la réouverture « progressive » des crèches, écoles, collèges et lycées, à partir du 11 mai, avec pour promesses, une mise à disposition du matériel nécessaire pour tous les personnels et les élèves (masques, gels hydro-alcooliques), un dépistage des cas symptomatiques, l’octroi de moyens supplémentaires pour permettre une baisse des effectifs à même de garantir la distanciation sociale dans les salles de classe.

Tout cela a été annoncé sans mesures d’application concrètes. Au vu du manque de masques actuellement, comment garantir aux enseignant-e-s, aux élèves et à leurs familles dans un délai si proche, qu’ils ne courront aucun risque au travail ? On peut également s’interroger sur les moyens de protection alloués aux parents qui retourneront travailler vu les difficultés rencontrées actuellement par les travailleurs-euses.

Comment pourrons-nous considérer l’efficacité sanitaire du dépistage des seules personnes présentant des symptômes, alors que l’on sait que certains enfants sont asymptomatiques mais porteurs ?
De plus, quand on est sur le terrain, on sait d’avance que faire porter des masques à des enfants (d’autant plus en crèche et en maternelle) relève d’une prouesse hors catégorie !
Enfin en maternelle et au CP CE1, comment faire de la conscience phonologique avec un masque ?!

La raison principale qui pousse nos dirigeant-e-s à rouvrir les écoles est la relance de l’économie au détriment de la santé de tou-te-s, sinon les étudiant-e-s reprendraient aussi. La reprise de l’ensemble des activités économiques est attendue par toutes et tous, comme l’est la réouverture du système d’éducation. Mais rien ne doit passer au dessus de la santé. Nous devons avoir les mêmes exigences sanitaires, et demandons d’ailleurs la fermeture, pour l’instant, de toute activité non essentielle. Alors prétexter de cette reprise de l’école au nom des inégalités sociales que sous-tend la prétendue continuité pédagogique ou l’école à distance, et donc l’absolue nécessité de rouvrir les écoles, fait bondir au regard des multiples fermetures de classes qui plus est dans les quartiers défavorisés dans lesquels les enfants ont besoin d’un accompagnement toute l’année scolaire et pas seulement les six dernières semaines de l’année ! Cet argument est faux et irrecevable de la part d’un gouvernement qui n’a de cesse d’aggraver les inégalités sociales et scolaires en cassant les services publics et en diminuant toujours davantage les moyens de l’école publique !

Encore une fois ce qui prévaut c’est l’amateurisme, la précipitation et l’impréparation : quid des personnels et des enfants à risque ? Blanquer parle de reprise en petits groupes : comment à la fois faire classe à une partie de ses élèves en face à face et en même temps s’occuper des autres restés chez eux ?! Les restaurants restent fermés, mais les cantines seraient ouvertes : avec quels moyens de protection pour les personnels et les enfants ?! Idem pour les cours de récréation ?!

Bref tout cela ne fait que confirmer l’amateurisme, l’incompétence crasse et surtout l’hypocrisie et la dangerosité de ce gouvernement.

Les personnels sont d’ores et déjà légitimement en situation de se poser la question de leur sécurité ainsi que de celle des élèves. Une reprise sans les conditions préalables (détaillées en introduction) serait inacceptable et le droit de retrait s’imposerait alors comme un mode d’action incontournable. En fonction de l’évolution de la situation sanitaire et de la mise en œuvre sur le terrain de la réouverture des classes, SUD éducation pourra appeler les personnels à utiliser leur droit de retrait et les soutenir dans cette démarche.

Le gouvernement portera la responsabilité des conséquences sanitaires de décisions qui seraient guidées d’abord par des motifs liés à la relance de l’économie au détriment de la santé et de la vie des personnels, des élèves et de leurs familles, ainsi que les risques qu’il fait courir à l’ensemble de notre société.