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Par : webmestre
Publié : 25 janvier 2016

Refusons la déchéance de nationalité et la...


Refusons la déchéance de nationalité


et la constitutionnalisation de l’état d’urgence


MANIFS DU 30 JANVIER


ROUEN : Place St SEVER 14h30


EVREUX : Miroir d’eau à 14h30.


L’état d’urgence conduit à des décisions arbitraires, des dérives autoritaires. Depuis novembre 2015, plus de trois mille perquisitions sont intervenues. Tout comme les assignations à résidence, elles ont donné lieu à de nombreux dérapages, à un accroissement des discriminations à l’égard de populations déjà stigmatisées en raison de leur origine et/ou leur religion supposée ou réelle. Toutes ces mesures, dont l’efficacité n’est pas démontrée, mettent à mal la séparation des pouvoirs : l’exécutif s’accapare le pouvoir législatif et relègue le pouvoir judiciaire hors de son rôle de gardien des libertés.
Inscrire l’état d’urgence dans la Constitution, c’est graver dans le marbre ce régime d’exception qui permet l’action des forces de sécurité sans contrôle du juge. C’est habituer les citoyen-ne-s à un état d’exception. Avec les moyens ainsi mis en place, il faut s’inquiéter des pouvoirs sans contrôle donnés à ceux qui peuvent arriver aux manettes de l’Etat…
Inscrire le retrait de la nationalité française aux binationaux condamnés pour crimes terroristes, c’est porter atteinte au principe même d’égalité des citoyens, inscrit à l’article 2 de la Constitution, fondement de la République. C’est instituer, dans la loi fondamentale de notre pays, deux catégories de Français, ceux qui le seraient et ceux qui le seraient moins, au motif que leurs parents ou grands-parents ne l’étaient pas. C’est, de fait, remettre en cause le principe d’une nationalité française ancrée dans le droit du sol.
C’est aussi mettre dans la Constitution une mesure dont personne ne croit à l’efficacité en termes de lutte contre le terrorisme, mais réclamée depuis longtemps par le Front national.
C’est banaliser la logique du rejet de l’autre. C’est s’exposer à ce que d’autres majorités politiques élargissent le champ des actes conduisant à la déchéance de nationalité.
N’acceptons pas la gouvernance de la peur : exigeons la sortie de l’état d’urgence !
Nous affirmons qu’il est nécessaire et possible que l’Etat protège les habitants face au terrorisme, sans remettre en cause les droits et les libertés. Nous refusons une société du contrôle généralisé, une société qui glisse de la présomption d’innocence au présumé potentiellement coupable. Ne donnons pas satisfaction aux terroristes qui cherchent justement à nous faire renoncer à notre vie démocratique.
L’état d’urgence contribue au renforcement des préjugés racistes, aux amalgames et aux pratiques discriminatoires.
Notre pays a été blessé, mais loin d’en soigner les plaies, l’état d’urgence risque de les exacerber en appauvrissant notre démocratie, en délégitimant notre liberté. C’est pourquoi, nous demandons la levée de l’état d’urgence et l’abandon de cette réforme constitutionnelle.
Nous appelons tous les habitants de notre pays à développer la citoyenneté et à agir pour construire une société solidaire.


Manifestation à Rouen
samedi 30 janvier
à 14h30, place Saint Sever


Premières signatures
Collectif de défense des libertés fondamentales : AFPS (Association France palestine Solidarité), ATTAC, CIMADE (Collectif Inter Mouvement Auprès des Evacués), Collectif 76 des salariés du social et médico-social, Collectif droits des femmes, CREAL (Comité de Réflexion et d’Action Laïque de Seine Maritime), DAL (Droit au Logement), Ensemble, FSU (Fédération Syndicale Unitaire), LDH de Rouen (Ligue des droits de l’homme), Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Rasl’Front Rouen. Sgen-CFDT, Union Départementale CGT, Union Syndicale Solidaires 76,
et
ASTI (Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés), Pastorale des migrants, RESF (Réseau Education Sans Frontières),

Documents joints