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Par : webmestre
Publié : 2 octobre 2012

Agents prévention et sécurité : Poudre au yeux sécuritaire et attaque sur la Vie Scolaire

Communiqué de la fédération SUD éducation du 11 septembre 2012

mardi 11 septembre 2012

Hollande et Peillon multiplient
les tentatives pour donner l’illusion du grand changement annoncé dans
l’éducation et officiellement entamé avec la grande concertation
nationale. Mais les quelques saupoudrages et effets d’annonces ne
suffiront pas à compenser la politique de la terre brûlée des années
précédentes. Dernier en date, voici que les APS (agents prévention et
sécurité) s’installent dans les établissements sensibles. Promesse de
campagne du candidat Hollande, ce sont 500 nouveaux postes précaires (un
nombre dérisoire - 5 par département en moyenne) qui sont créés à la va
vite ici et là sur le territoire avec pour mission de « prévenir les
situations de violence ».

Entre vigiles et surveillants, ils sont recrutés à bac+2 directement
par le chef d’établissement et selon les conditions d’emploi des
assistants d’éducation pour une période minimale de trente-neuf semaines
et maximale de quarante-cinq semaines. Les heureux élus doivent
justifier d’une « expérience avec la jeunesse » et sont affectés dans
des établissements choisis au regard du nombre de signalements
d’incidents et de conseils de discipline, du taux d’absentéisme, et du
nombre d’élèves exclus définitivement. Ces surveillants à part
doivent notamment intervenir en cas de conflit et assurer le lien avec
les forces de l’ordre en cas d’incident grave...

Alors même que les ateliers de concertation du ministère établissent
l’urgence de recréer une « école bienveillante » par la pérennisation
d’emplois stables, un travail en équipes, l’amélioration de l’accueil,
une attention particulière portée au décrochage... le gouvernement
impose sans concertation une orientation inverse, faisant une fois de
plus basculer les établissements sensibles dans le sécuritaire au
détriment de choix éducatifs émancipateurs. La mise en place des APS
démontre une fois de plus la méconnaissance totale des raisons de la
violence scolaire.

Ce « nouveau métier » s’inscrit dans une lignée déjà (trop) longue :
portails électroniques, vidéosurveillance, débat récurent sur le port de
l’uniforme, équipes mobiles de sécurité...

Entre dénaturation sécuritaire et restructuration libérale
par la précarité et les suppressions massives de postes de surveillants
et CPE, la Vie scolaire est en état d’urgence !

La violence n’a fait qu’augmenter au gré de la disparition des
services publics de proximité. Toutes les expériences allant dans le
sens du tout sécuritaire ont démontré leur inefficacité en ne faisant
que jeter de l’huile sur le feu sans jamais se donner les moyens de
prendre à bras le corps les problèmes sociétaux cristallisés dans les
quartiers sensibles et qui stigmatisent une jeunesse laissée à
l’abandon. Les choix d’affectation et la fonction des APS s’inscrivent
en toute logique dans la constitution des zones de sécurité prioritaires
annoncées par le ministre de l’Intérieur et apparaissent comme un
nouveau signe de répression en direction de la jeunesse.

SUD éducation réaffirme l’importance fondamentale de créer
massivement des emplois de vie scolaire pérennes et bénéficiant d’une
réelle formation.

SUD éducation appelle à refuser le recrutement d’APS en Conseil d’administration.

Refusons la précarité des personnels, les politiques
sécuritaires et autoritaires de l’éducation. Plus que jamais réclamons
une autre école pour une autre société… solidaire, égalitaire et
démocratique.

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