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Par : webmestre
Publié : 19 mai 2012

Compte-rendu du stage Sud Education « De quel genre es-tu ? »

Compte-rendu du stage Sud Education « De quel genre es-tu ? »

Pour une éducation non sexiste

Sommaire :

1-Quelle éducation sexuelle à l’école ? Avec Véronique Séhier, du Planning familial de Lille, et Aurore Le Mat, doctorante en sciences politiques à l’université de Lille 2

2-Les manuels scolaires sont-ils sexistes ? Avec Sylvie Cromer, MC en sociologie à l’université de Lille 2

3-Pratiques non-sexistes à l’école. Avec Geneviève Guilpain, professeure de philosophie et formatrice en master sciences de l’éducation à Créteil

4-Sport et genre à l’école. Avec Carine Guérandel, MC en sociologie à l’université de Lille 3

1Quelle éducation sexuelle à l’école ?

Intervention de Véronique Séhier

- Rappel des missions du Planning familial dans les centres (accueil de jeunes surtout mineurs, programmes contraception, sexualité, vulnérabilité, mariages forcés).

- Dans les établissements scolaires : l’éducation à la sexualité, d’abord appelée information sexuelle, est obligatoire depuis 1975 (prévention des grossesses non désirées et réprobation de l’IVG). Elle a intégré à partir de 1985, en raison du Sida, la prévention des risques. En 1991 la loi Aubry permet l’accès à la contraception anonyme et gratuite dans tous les centres et l’IVG sans autorisation parentale. Depuis 2001 les textes recommandent 3 séances par an par niveau d’âge. Le Planning familial, comme d’autres associations (souvent catholiques) bénéficie de l’agrément EN. Mais le financement de l’État est insuffisant (en 2009 40% en moins) même complété par celui des collectivités territoriales. Conséquences : interventions souvent limitées à des demandes ponctuelles d’urgence (en périodes de crise : violences à caractère sexuel).

Des pistes pour changer :

- Ne pas se limiter à la prévention des risques, et avoir une approche plus globale sur les rapports sociaux de sexe et les stéréotypes, et se libérer par rapport au sexe vu comme normatif et obligatoire : par exemple le « bon âge » pour avoir un enfant, ou la simple « tolérance » par rapport à l’homosexualité toujours vue comme une déviance du modèle hétérosexuel. Le Planning familial refuse d’être un gardien de l’ordre car il est un mouvement féministe et d’éducation populaire.

- Partir des représentations des jeunes, et passer par une analyse de genre, indispensable pour faire prendre conscience de la constance de l’éducation différenciée.

- Changer le regard sur l’IVG, qui n’est pas toujours due à un échec de la contraception, et ne pas stigmatiser.

- Repenser une éducation sexualisée contre le sexisme et l’homophobie.

- Développer les interventions au niveau du 1er degré car les stéréotypes s’installent très tôt (les infirmières scolaires se partagent sur plusieurs établissements, ce qui limite leur disponibilité).

- Réfléchir sur le choix de la mixité ou de la non-mixité des interventions : la mixité devrait être possible à condition de la concevoir en petits effectifs, pour éviter l’effet de groupe et permettre aux garçons et aux filles d’exprimer des problèmes et des idées en commun, au lieu de leur présenter leurs différences comme naturelles et irréductibles.

Des sites, des revues à consulter :

http://www.mondefemmes.be/

http://leefsleutels.be

revue Agora, N°60, jeunesse et sexualité, février 2012 (voir http://www.injep.fr )

Intervention d’Aurore Le Mat

L’intervenante fait une thèse sur l’éducation à la sexualité en milieu scolaire, la place de la lutte contre le sexisme et l’homophobie, l’hétérocentrisme et les actions possibles pour évoluer.

Constats :

- Les actions dans les établissements d’associations comme Act up sont considérées comme un lobbying et du prosélytisme.

- L’EN ne conçoit l’action contre l’homophobie que dans la prévention des suicides et considère l’homosexualité comme une déviance par rapport à l’hétérosexualité évidence non réinterrogée (cf la polémique à propos du film Le baiser de la lune voir www.le-baiser-de-la-lune.fr)

- L’hétérocentrisme propage l’idée d’un « droit à la différence » et hiérarchise les sexualités.

- L’homosexualité est toujours considérée comme un trouble identitaire et passager.

Des pistes face aux élèves :

- Être attentif au traitement des réponses lors des interventions scolaires : parler de « sexualités » au pluriel, de « partenaires » (mot épicène) plutôt que de mots genrés, inclure l’existence de l’homosexualité dans le discours tenu.

- Utiliser des outils audiovisuels comme support de débat, d’analyse : étudier le masculin et le féminin dans les chansons des films de Disney (cf youtube), les courts métrages de l’INPES sur l’homophobie http://www.inpes.sante.fr , le DVD IKWAL fait par les élèves de 3e du collège G. Mollet de Lomme.

2-Les manuels scolaires sont-ils sexistes ?

Intervention de Sylvie Cromer

- Les travaux de Sylvie Cromer (qui a été enseignante de français en collège) sur les violences envers les femmes au travail et le harcèlement sexuel l’ont amenée à se pencher sur les représentations du masculin et du féminin. Sa découverte du livre fondateur Du côté des petites filles d’Elena Gianini Belotti en 1974 a beaucoup compté, et sa rencontre avec Adela Turin a été déterminante et a débouché sur la création de l’association http://www.ducotedesfilles.org.

Elle se consacre aux représentations du masculin et du féminin dans les vecteurs de socialisation que sont les publications pour la jeunesse (manuels scolaires, presse, livres, catalogues, émissions...)

- Méthode de travail : étudier les personnages masculins et féminins, leurs représentations sexuées, leur sexe social, leurs attributs, leurs caractéristiques, leurs interactions, l’ensemble des rôles sociaux qui instaurent le système de genre (dans les textes, les images, la langue utilisée, prendre pour supports les couvertures, les séries, les histoires et jeux, les documentaires, les publicités. Ainsi on prend en compte le quantitatif et le qualitatif.

- Etude sur les manuels scolaires réalisée en groupes pendant le stage (utilisable avec des publics de jeunes ou d’adultes) : à l’aide d’un manuel scolaire de n’importe quelle discipline, compléter une grille d’observation quantitative et qualitative qui mesure le nombre d’images de filles, garçons, femmes, hommes, sur la couverture et à l’intérieur, et relève leurs activités. Ensuite relever dans les textes (cours, exercices, documents) les caractéristiques des personnages présentés.

Pour éviter la lourdeur du dispositif, sélectionner 5 images au hasard, puis les 10 ou 15 premiers personnages.

- Bilan :

  • Supériorité numérique écrasante des garçons et hommes : 2/3 environ contre 1/3. Tous les supports montrent un déséquilibre numérique
  • Le personnage majeur est souvent un homme ou un garçon
  • Invisibilité sociale des femmes par l’absence de désignation précise (nom, fonction, statut) constituant les femmes en minorité de l’humanité
  • Portraits de femmes le plus souvent confinées dans la sphère familiale ou l’émotif
  • Sphère publique domaine indiscuté du masculin
    Le manuel scolaire est pourtant un objet important car organisateur de connaissances et transmetteur de valeurs, et la représentation du masculin touche à la question des valeurs (cf article 111.1 du code de l’éducation). Il participe à la construction de l’identité de la société et de l’individu. Légitimé voire sacralisé, il a un rôle-clé dans l’enseignement (en 1925 la SDN le voit comme un outil de promotion de la paix entre les peuples). Or dans tous les systèmes éducatifs les hommes et les femmes sont présentés hiérarchisés même si la scolarisation des filles et des garçons est identique. Dès 1986 Andrée Michel dans Non aux stéréotypes souligne que les manuels influencent les pratiques pédagogiques et constituent le « curriculum caché » , un « sexisme à bas bruit » face au discours mythique de l’égalité. Et il n’existe pas d’études sur l’impact de ces stéréotypes sur les élèves.

- Le concept de genre (différence hiérarchisée au détriment du féminin) est opérationnel pour analyser l’inégalité des sexes dans les productions culturelles. Dans la presse pour jeunes enfants le marquage du féminin se fait à l’aide d’attributs beaucoup plus abondants que ceux du masculin : dans les illustrations 7% des hommes ont de la barbe, 13% des lunettes, mais 40% des femmes ont un vêtement traditionnel (robe, jupe, talons...), 41% des femmes ont une coiffure codée féminine et 73% des filles (cheveux longs, barrettes, rubans...) et ces accessoires se combinent. Quand on réalise un test sur des enfants on constate qu’un animal dessiné sans accessoires est considéré comme masculin, si on lui rajoute un attribut (tablier) il devient féminin : passage de l’universel au particulier.

- Dans la représentation des enfants, la construction du genre se fait par légers écarts, les garçons et filles sont presque semblables mais les postures sont différentes (actif/passive). Les adultes ont des rôles plus différenciés et les femmes sont moins nombreuses que les hommes. On constate une extension du territoire masculin vers la sphère privée : les hommes sont partout à tous les niveaux et ils ont développé leurs zones d’influence. Le réseau d’échanges est monopolisé au profit du masculin : les relations sont mixtes et intergénérationnelles mais 80% des échanges sont en faveur des garçons, qui sont acteurs, et au centre. Les filles sont rarement représentées seules avec un homme, un garçon les accompagne. Deux exceptions : Mimi Cracra et Manon et Margot, des filles formidables, mais seules, sans relations ! Dans les récits, les auteures introduisent des garçons pour intéresser les garçons à la lecture et pour ne pas être classées « auteures pour filles ».

- La socialisation contrôle le sexisme mais entend marquer la différence des sexes, et les stéréotypes légitiment les inégalités.

- Propositions pédagogiques et documents :

S’appuyer sur les textes officiels et les études de chercheur-e-s.

Dénoncer pour ne pas cautionner et contribuer à la reproduction.

Créer un label pour les éditions qui échappent au sexisme et aux stéréotypes.

Expliquer aux élèves les raisons de l’invisibilité des femmes dans l’histoire et dans les livres.

Intégrer les femmes dans les manuels à tous les niveaux au lieu de les confiner à un chapitre spécifique.

Utiliser les études existantes pour élargir la critique aux autres publications : Attention albums (1994), Comment la presse pour les plus jeunes contribue-t-elle à élaborer la différence des sexes (2008) http://www.caf.fr

Document de l’UNESCO réalisé en 2008 par Carole Brugeilles et Sylvie Cromer : Comment promouvoir l’égalité entre les sexes par les manuels scolaires ? Téléchargeable sur :

http://unesdoc.unesco.org

Etude sur les manuels scolaires du centre Hubertine Auclert : la représentation des femmes et des hommes dans les nouveaux manuels d’histoire de seconde et de CAP en 2010. Un exemple dans un manuel sur 339 biographies, 11 sont celles de femmes, soit 3,2% (bien que 32% des auteur-e-s soient des femmes http://www.centre-hubertine-auclert.fr/

http://www.adequations.org

http://cahiers_du_genre.pouchet.cnrs.fr

3-Pratiques non sexistes à l’école

Intervention de Geneviève Guilpain

- Les textes sont méconnus, il n’y a pas de vraie volonté politique, le sexisme est considéré comme secondaire, voire anecdotique, sauf quand des violences suscitent une réaction. Pourtant le texte du Ministère de l’EN du 24 octobre 2000 De la mixité à l’égalité constitue une bonne base.

- Les enseignant-e-s s’emparent peu des recherches sur le sexisme. Pourtant dès 1975 est lancée une enquête sur les stéréotypes dans les manuels scolaires (puis en 1981, 1986...). Il faut beaucoup d’énergie et d’investissement pour enrôler les collègues.

- Il faut maîtriser les concepts et le lexique adapté pour constituer une base théorique claire (lexique distribué aux stagiaires) et se documenter pour être convaincu-e et convaincre.

- Il faut lutter aussi contre des résistances personnelles qui font douter de la légitimité des pratiques antisexistes et les assimilent à du prosélytisme, et qui craignent l’intrusion dans le privé, le familial, qui se débarrassent du problème sur des « spécialistes » (de la santé par exemple)

- Toutes les études faites dans les classes concordent :

  • 2/3 de l’espace sonore est occupé par les garçons, les filles sont moins sollicitées, leur parole est plus souvent coupée.
  • les filles sont utilisées comme auxiliaires pédagogiques
  • les enseignant-e-s sous-estiment les capacités et performances des filles, ont des attentes supérieures face aux possibilités des garçons
    - Pourtant on peut modifier la gestion de la classe à partir de changements mineurs en apparence mais efficaces. Ces changements peuvent porter sur :
  • les interactions en classe (occupation de l’espace sonore, insultes, sollicitations...)
  • le travail de groupe (mixité F/G, coopération vs rivalité), l’organisation de la classe
  • le choix des supports, des documents (dans les CDI, choix du fonds, expos, séances)
  • le langage utilisé (féminisation, critique du sexisme de la langue)
  • les activités en EPS (compétition vs épanouissement, mixité vs clivage F/G)
  • l’évaluation (appréciations, notation)
  • l’éducation à l’orientation (métiers genrés)
  • l’éducation à la santé, à la sexualité et la prévention des violences sexistes et sexuelles
    - Pour en faire prendre conscience, G. Guilpain distribue aux groupes de stagiaires une liste de situations-problèmes (1er degré et second degré) et de différentes manières d’y répondre : lesquelles suscitent la discussion, un dilemme, un problème ?

- Quelques pistes pour s’auto-évaluer :

  • le temps et l’attention : quelle distribution de la parole dans la classe entre les garçons et les filles, quel contrôle des prises de parole, quelles remarques, quelles explications ? Peut se mesurer quantitativement et qualitativement (associer les élèves) Voir le site suisse http://www.egalite.ch pour trouver des grilles d’observation.
  • la prise en compte des deux sexes : quelle visibilité des femmes, quelle présentation de leur présence dans l’histoire et la société ? quels marqueurs verbaux de sexe, quelle féminisation du vocabulaire, quel regard sur le sexisme de la langue française et de la grammaire ? utilisation de termes épicènes ?
  • l’espace de la classe : est-il genré (décoration, couleurs, symboles ?)
  • le matériel utilisé : quels supports choisis, quels manuels, quels livres, quelle organisation pédagogique ? quelles remarques sur les documents sexistes ?
  • l’évaluation : quelles annotations, quels conseils, quelles remarques sur le comportement quelles sanctions ?
  • la répartition des élèves dans la classe : libre ou organisée, débattue ou pas avec le groupe, négociée ?
  • l’attribution des responsabilités : quels types de tâches, à qui ?
  • le choix des activités (maternelle et 1er degré notamment, EPS) et leur équilibrage G/F
  • l’imaginaire et les attentes : les demandes sont-elles identiques pour les filles et les garçons, les réactions, les jugements sont-elles les mêmes face à des comportements de genre inhabituels ?
  • l’aide à l’orientation : quelles représentations, quelles propositions (larges et ouvertes ?), quel soutien aux orientations minoritaires ?
  • le langage et l’insulte : quel vocabulaire utilisé, quelle complicité, quelle tolérance au sexisme et à l’homophobie chez les enseignant-e-s et les élèves, aux comportements dans les espaces communs (couloirs, cour), quelles exigences ?
  • l’introduction d’activité spécifiques sur le genre : dans la classe, avec l’équipe éducative, dans le projet d’établissement ? quelle réflexion individuelle et collective, quelles analyses des chiffres, quelles enquêtes ? quels travaux d’analyse d’images dans les disciplines ?

Des outils, bibliographie, sitographie

Ayral, Sylvie. La fabrique des garçons, PUF 2011

Bereni, Chauvin, Jaunait, Revillard. Introduction aux gender studies, De Boeck 2008

Cahiers pédagogiques. Filles et garçons à l’école, n°487, février 2011

Chaponnière, Corinne et Martine. La mixité, Infolio 2006

Dafflon-Novelle, Anne. Filles-garçons, socialisation différenciée ? PUG 2006

Duru-Bellat, Marie. L’école des filles, l’Harmattan 2004

Goffman, Erving. L’arrangement des sexes, La Dispute 2002

Héritier, Françoise. Masculin/Féminin, Odile Jacob 1996 et 2002

Laufer, Marry,Maruani. Féminin-Masculin, PUF 2001

La mixité à l’école : filles et garçons, SCEREN/CRDP Créteil 2009

Mistral, Laure. La fabrique de filles. Syros 2010

Quelle mixité pour l’école ? SCEREN/CNDP 2004

50 activités pour l’égalité entre filles et garçons à l’école, SCEREN/CRDP Midi-Pyrénées 2008

Nombreux numéros des revues : Revue française de pédagogie, Clio, Nouvelles questions féministes, N’autre école, Cahiers pédagogiques, Ville Ecole Intégration,

http://www.lesptitsegaux.org/

http://www.egalite.cfwb.be

http://www.ligueparis.org/index.php?option=com_content&view=article&id=693:filles-et-garcons-cassons-les-cliches&catid=30:ligue&Itemid=424

http://www.ficemea.org/aquoijouestu/fr

http://www.egalite.ch/ecole-egalite.html

Arts visuels et plastiques :

Genre et histoire de l’art. Perspective, n°4, 2007

EPS :

Davisse, Annick, Rochex, Jean-Yves. Pourvu qu’ils apprennent... CRDP Créteil, 1998

Français :

Labrosse, Céline. Pour une grammaire non sexiste, Remue-Ménage, 1996

Yaguello, Marina. Les mots et les femmes, Payot, 1982

http://edwige-khaznadar-parite-linguistique.fr

Littérature de jeunesse :

http://www.crdp.ac-creteil.fr/telemaque/comite/fem-masc-bibli.htm

http://www.crdp.ac-grenoble.fr/cddp26/egalite_fille_garcon/

http://www.mix-cite.org

http://www.adequations.org/spip.php?rubrique314

http://www.ducotedesfilles.org/

http://www.altersexualite.com

http://www.lab-elle.org/

Histoire :

Dermenjian, Jami, Rouquier, Thébaud. La place des femmes dans l’histoire, Belin 2010

Duby/Perrot. Histoire des femmes en Occident, livre de poche.

Lucas, Nicole. Dire l’histoire des femmes à l’école, Armand Colin, 2009

http://musea.univ-angers.fr/

http://clio.revues.org/

http://www.mnemosyne.asso.fr/

Philosophie :

Beauvoir, Simone de. Le deuxième sexe, Folio Gallimard

Collin, Pisier, Varikas. Les femmes de Platon à Derrida (épuisé)

Fraisse, Geneviève. Le mélange des sexes, Gallimard jeunesse, 2006

Stuart-Mill, John. L’asservissement des femmes, Payot, 2005

Sciences :

Vidal, Catherine,Benoît-Browaeys. Cerveau, sexe et pouvoir, Belin 2002

Vidal, Catherine. Féminin-Masculin, Belin 2006

Witkowski, Nicolas. Trop belles pour le Nobel, Points Seuil, 2005

http://www.femmes-et-maths.fr/

http://www.femmesetsciences.fr/

SES, ECJS :

Femmes, Sciences humaines hors série spécial n°4, nov. 2005

http://www.lucide-contre-toutes-les-discriminations.org/

Lovisone, Virginie, Poirier, Agnès. Bienvenue dans la vraie vie des femmes, DVD, SCEREN 2010

Éducation aux médias et lecture de l’image :

http://www.media-awareness.ca/francais/enseignants/index.cfm

http://www.mels.gouv.qc.ca

http://teledebout.org/

4-Sport et genre à l’école

Intervention de Carine Guérandel

- Présentation des résultats d’une recherche sur les relations garçons/filles en EPS dans des collèges de Toulouse (avec enseignants masculins) :

  • quelles expériences novatrices proposer ?
    1. Filles et garçons adoptent des comportements différents quand l’enseignant n’intervient pas :

- Ils s’ignorent, restent à distance, non mixtes, malgré la mixité des cours.

- On constate une appropriation sexuée du matériel et des espaces : les garçons se précipitent sur le matériel plus neuf et les premiers terrains.

- Les filles attendent, font moins de bruit, évitent la pratique des exercices, vont aux toilettes, discutent.

- Les garçons attirent l’attention, évitent les exercices au profit de la compétition (cf Thomas Sauvadet et le « capital guerrier ».

- Les garçons atypiques, plus scolaires et moins sportifs, deviennent boucs émissaires.

- Les garçons démontrent leur force, gage de virilité, puis surjouent la fatigue provoquée par l’entraînement.

- Les garçons mis en difficulté font des pitreries pour détourner l’attention de leurs incapacités, se protègent ainsi pour ne pas être disqualifiés par les camarades.

- Si on exige qu’ils pratiquent la danse, les garçons vont adopter des attitudes de karaté ou de football, les filles vont faire des arabesques.

- L’enseignant pris par le cadrage de la séance oublie les filles.

2. Les pratiques et modes d’intervention des enseignants renforcent les stéréotypes, les normes sexuées :

- L’équipe est entièrement masculine, originaire de la classe moyenne face à des élèves de milieu populaire, et tient un discours misérabiliste et négatif : les filles n’ont pas les capacités intellectuelles, les garçons sont « durs » mais pourraient changer. Les garçons sont jugés turbulents mais plus forts, les filles calmes et non sportives.

- L’équipe ne remet pas en cause le caractère majoritairement masculin du sport et choisit des activités conformes aux choix des les garçons, pas des filles.

- L’équipe choisit parfois des activités différentes pour les garçons et les filles (danse/foot) : dans ce cas les filles sont laissées sans surveillance, en autonomie, sans apprentissage, alors que les garçons sont surveillés, bénéficient d’apports de connaissance et de situations propres à progresser.

- La hiérarchie et ségrégation sexuée fait que ce sont deux garçons performants qui choisissent la composition de leurs équipes respectives.

- La ségrégation est renforcée pour les filles et les quelques garçons qui n’adoptent pas les normes.

- Les consignes sont différentes pour les filles et pour les garçons : on en demande moins aux filles, mais on se moquent de celles qui n’y arrivent pas.

- Au foot les points sont comptabilisés différemment selon le sexe : un but marqué par une fille vaut 2 points, par un garçon 1 point, comme si une fille valait ½ joueur (conformément aux représentation de la femme moitié de l’homme) .

- Les fiches de travail sont données aux filles mais moins aux garçons.

3. Des pistes pour changer :

  • Éviter de donner des consignes différentes aux filles et aux garçons.
  • Disqualifier le clivage sportif/non sportif.
  • Donner des repères physiques, corporels, sensoriels pour valoriser la démarche plus que la performance.
  • Repenser les barèmes, notamment pour le cross : abandonner le barème garçon/fille au profit d’un groupe performance rapidité (chronomètre), et un groupe réussite du projet (à faire en un temps choisi)
  • Ne pas laisser choisir les élèves mais les ventiler en fonction de leurs possibilités.
  • Faire des départs différés de manière à mélanger les groupes.
  • En sport collectif (par exemple tennis de table) combiner la réussite individuelle à la réussite de l’équipe : un élève qui évolue même s’il n’est pas très performant peut faire gagner des points à son équipe.
  • Faire pratiquer des activités dites féminines à tout le monde : choisir un programme hyper masculin revient à être sexiste car ce sont toujours les filles qui doivent s’adapter aux pratiques masculines.
  • Ne pas se contenter des activités mixtes de cirque ou danse hip hop pour se dédouaner.

L’origine et l’histoire du sport expliquent son sexisme et le clivage garçon/fille.

Le contrôle des corps féminins par le vêtement, l’apparence, les attitudes intériorisées influe sur la pratique physique.

Une réflexion s’impose donc. Voir le livre de Laure Murat La loi du genre, Fayard, 2006

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