Publié : 27 mars 2012

Blabla

En Octobre 2011, Nicolas Sarkozy a demandé à Luc Châtel « de réfléchir à la possibilité de rendre obligatoire l’alternance lors des dernières années de préparation au Baccalauréat professionnel et au CAP. » 250 000 jeunes seraient concernés chaque année.
Vers la décentralisation des LP.
Passer d’une année sous statut scolaire encadrée par des PLP, fonctionnaires d’État, à une année en alternance avec des formateurs de CFA payés par les Régions générera des économies budgétaires grâce aux suppressions de postes ainsi réalisées ! C’est là, certainement, la raison principale de cette mesure éventuelle.
Être décentralisé, ce n’est pas “seulement” changer d’employeur. C’est perdre les protections du statut de fonctionnaire d’État. C’est connaître l’arbitraire de la gestion des collectivités territoriales. C’est devoir exercer dans le cadre d’un service public désossé. C’est voir ses conditions de travail se dégrader et son emploi être remis en cause.
L’État et les régions font conjointement la promotion de la formation par alternance depuis plusieurs années mais n’arrivent pas à atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. En effet, les jeunes en difficultés sociales sont demandeurs de places en apprentissage pour toucher la faible rémunération accordée aux apprentis mais si nécessaire à la survie de certaines familles.

L’alternance, un cadeau pour qui ?

Cependant, les entreprises ne veulent pas de jeunes en difficultés scolaires ou sociales. Beaucoup ont du mal à trouver le lieu de formation professionnelle exigé pour l’obtention du diplôme en formation initiale (délit de faciès ou pas assez qualifiés pour être rentables). Ce n’est pas le nombre de jeunes qui souhaitent entrer en apprentissage qui est problématique mais le fait que le patronat les refuse. Le monde de l’entreprise n’accepte que celles et ceux dont le niveau assure rapidement intégration et productivité. Les nombreuses ruptures de contrats d’apprentissage en sont la preuve. Quel devenir pour les autres si l’alternance est rendue obligatoire ? Transformer la dernière année de formation de bac pro en année d’apprentissage fera que plus de jeunes resteront sur le bord de la route, ce que laisse déjà présager le nombre de ruptures de contrats. Retrouveront-ils une place en lycée professionnel ensuite ?
De plus, finir une formation en alternance ne sera réalisable que si les enseignants ont suffisamment formaté les élèves pour qu’ils soient intégrables et productifs, au détriment de toute éthique. « La voie professionnelle est de plus en plus délaissée par l’Éducation nationale. Cette stratégie marque clairement la volonté d’utiliser l’école pour répondre à la demande récurrente du patronat de gérer la formation professionnelle par le biais de la formation en entreprise. Rentabilité à court terme, formatage, il s’agit bien de favoriser une formation à l’emploi aux dépens d’une formation à un métier ou à une famille de métiers. Faut-il refaire la liste des inconvénients de l’apprentissage ? […] Le lycée professionnel est le seul lieu qui permette d’associer enseignement professionnel et enseignement général pour apporter aux lycéens autonomie et esprit critique dans la construction de leur carrière professionnelle. Savoir-faire technique, ouverture d’esprit, connaissance objective du monde du travail doivent contribuer à former des jeunes prêts à affronter la vie active avec les outils pour en être les propres acteurs et non simplement des exécutants robotisés. »

Un 1er constat des réformes : l’Echec

Certes le 1er objectif est atteint : Suppressions de milliers de postes (La Guyane étant épargnée grâce à sa particularité démographique), mais les réformes successives (Mise en place du Bac pro 3 ans, généralisation des CCF, …) et imposées visant soi disant à revaloriser la filière professionnelle n’ont eu que l’effet inverse. Comment réussir en 3 ans ce que l’on parvenait durement à faire en 4 ans. Comment former de réels professionnels, prêts pour le marché du travail, opérationnels et productifs ?
En Guyane comme ailleurs, les premières vraies promotions du bac pro 3 ans arrivent cette session 2012 et d’expérience, même si on se doit de rester optimiste, on prévoit déjà l’échec. Des élèves de Terminales immatures et pas suffisamment formés pour entrer dans le monde du travail, qui réclament des formations post-bac auxquelles ils n’auront pas ou peu accès. Alors quel avenir pour eux ?
Tous les personnels exigent le maintien de l’enseignement professionnel initial public sous statut scolaire au sein des établissements du ministère de l’Éducation nationale et de l’Agriculture. Ils refusent catégoriquement l’éventualité d’un transfert des personnels enseignants de la voie professionnelle vers les régions. Ils exigent le rétablissement des moyens, en structures et en postes, indispensables à une véritable rénovation de l’enseignement professionnel initial public sous statut scolaire. Ils refusent les mesures favorisant le développement de l’apprentissage au détriment de l’enseignement professionnel initial public sous statut scolaire.
Rendez-vous sur http://pourlenseignementprofessionn... pour signer la pétition.